Nous les vieux cons
Les gens traitent souvent ceux qui disent que c'était mieux avant de "vieux cons". Et pourtant si vous prenez un peu de recul, tout le monde cherche à revenir comme avant.
Alors les chemins pour y aller sont parfois à mourir de rire parce que les gens sont persuadés d'inventer un truc qui existe en fait depuis 100 ans, mais tant que la volonté est là je me dis que le monde n'est pas perdu. Parce que oui, c'était mieux avant.
Mais comme avant, c'est quoi ?
Avant, les mères travaillaient depuis chez elle en gardant leurs enfants : elles faisaient des paniers, elles allaient au lavoir avec leurs enfants, elles fabriquaient le pain, des robes, des rideaux, etc. Les pères eux, pouvaient aussi travailler de chez eux : il fabriquaient des meubles, ils cultivaient leurs légumes pour les revendre, ils taillaient des sabots, et trayaient leurs bêtes.
Aujourd'hui les gens veulent de nouveau travailler de chez eux pour être tranquilles et pas emmerdés par leur boss. On a inventé le télétravail. Ou plutôt le homework. Bienvenus dans le passé.
Avant on achetait ses fournitures à côté de la maison, on avait des meubles en bois, des tissus joliment tissés, des casseroles en fonte, des sols en tomettes ou pierre, bref on n'avait que des matériaux naturels.
Aujourd'hui la mode est à la cocotte en fonte, aux maisons de campagne chic avec des rideaux scratchés sous les lavabos, aux pianos de cuisine, on veut des poules et on fait son pain. Ça fait chic mais en fait c'est juste un retour dans le passé. On veut des pulls en laine, fabriqués en France et pas des m*rdes en plastiques qui viennent de Chine et qui brûlent si tu frôles un poêle. D'ailleurs on veut un poêle. Avant c'était de la survie d'en avoir un. Aujourd'hui c'est à la mode.
Avant on mangeait ce qui poussait, on n'avait pas de serres chauffées, d'importations massives par avion de tous les pays du monde. On mangeait des tomates en été, des butternuts à l'automne, des courges et des choux en hiver et des asperges au printemps. Aujourd'hui c'est tendance d'aller chez "l'épicier" chercher des produits de saison bien frais et bio pour inviter ses potes autour d'un repas à 400 balles. Avant c'était le quotidien des plus pauvres.
Et vous verrez qu'avec notre nouvelle résolution, celle de supprimer les notifications de son téléphone (Voir le post Instagram à ce sujet), vous allez aimer la vie d'avant. Moins de connexions virtuelles pour plus de connexion réelles. Vous remarquerez le printemps, l'été, l'automne et l'hiver. Le rythme des oiseaux, des animaux et du soleil.
Et peut-être qu'en prenant le temps de faire les choses vous en ferez beaucoup plus que si vous cherchiez à rentabiliser votre vie. Vous prendrez le temps. Le temps d'être vous.
L'incohérence des gens
Ce qui est fou c'est qu'on lit partout qu'il faut se déconnecter des écrans et pour ça, on nous donne des outils connectés. Des réveils qui font des bruits bizarres, des boîtes qui reproduisent les bruits de la nature, des séances de méditation devant une lumière spéciale, etc. Mais le monde a déjà tout ça, il faut juste sortir de chez soi pour aller le voir.
Sur les réseaux sociaux, on voit des comptes Instagram fleurir partout pour vanter la vie d'avant, le retour de la tradition dans nos foyers, les farmlife, tradwives et autres anglicismes. J'imagine le fou-rire des vraies femmes qui ont vécu de la sorte et qui nous regardent d'en haut en se disant qu'on ne capte rien. Parce que oui, on ne peut pas être une "tradwife" en faisant des vlogs de sa vie. On ne peut pas être une tradwife en mettant des nœuds de satin sur le cou de ses coureurs indiens (une race de canard que vous connaissez tous). Parce que si on fait tout ça c'est pour le montrer aux autres et pas pour s'épanouir. Et derrière tout ça il y a des femmes qui hurlent sur leurs enfants parce qu'ils passent devant le trépied d'iPhone avec l'anneau lumineux alors qu'elles essaient de filmer leur récolte de courgettes et tomates. C'est pathétique. Nous sommes pathétiques à vouloir conquérir le cœur de milliers d'inconnus en repoussant les appels à l'aide de nos amis, les bras de nos enfants ou les baisers de nos maris.
Si vous aimez la vie d'avant, prenez un livre, lisez, soyez en réelle connexion avec ceux qui vous entourent. Goûtez le temps qui passe et fuyez ceux qui vous enterrent. Vous méritez d'être vous !
Allez, je vous laisse, la vie dehors est plus belle que devant mon écran.